Supply chain collaborative : révolution en marche ?

Il y a quelques mois, je fus témoin d’un nouveau chapitre de l’histoire de la supply chain : le port de Rotterdam a choisi un système révolutionnaire pour optimiser la collaboration entre les différents opérateurs fluviaux.

Ce moment est historique pour au moins deux raisons :
– Le Port a signé en tant que Nextlogic : une organisation qui représente toutes les parties prenantes de cette chaîne logistique.
– La communauté de navigation la fluviale (opérateurs de barges, terminaux ou dépôts …) a unanimement confié les décisions qui affectent ses opérations à un système intelligent.

En centralisant le traitement de l’information et la prise de décision, ce logiciel synchronisera et optimisera l’allocation des terminaux et dépôts pour réduire les temps d’attente et améliorer l’efficacité opérationnelle.

 

La supply chain collaborative : une utopie ?

Il y a quelques années, « l’optimisation collaborative » relevait d’une utopie. Certes le « Collaborative Planning, Forecasting and Replenishment » (CPFR) encourage le partage de l’information, mais la prise de décision reste indépendante. Deux obstacles à cet accomplissement : la confiance et la technologie.

En 2009, The Economist Guide to Supply Chain Management écrivait : « Théoriquement, la solution idéale est de permettre à un joueur omnipotent de recueillir et d’optimiser l’information de tous les acteurs de la supply chain … Ce parti serait en mesure de garantir une prise de décision optimale … »
Depuis 2015, ce joueur existe et il sera bientôt capable d’améliorer l’efficacité opérationnelle de tous (2017).

istock_000017121768_largeCe projet a été motivé par la congestion du Port : les temps d’attente allant jusqu’à 100 heures. Chaque opérateur fluvial était traité comme un acteur indépendant alors que la situation exigeait une synchronisation globale. Le résultat cumulatif des choix sous-optimaux était une perte coûteuse pour tous (terminaux, dépôts, barges et clients finaux).

Le « joueur omnipotent » qui prendra les décisions à Rotterdam sera absolument neutre. Brein, (ou « brain » en anglais) comme le système est nommé, traitera équitablement toutes les parties. La collaboration opérationnelle coexistera alors avec une concurrence saine.

Une telle innovation pourrait changer le monde de la logistique, de la supply chain et peut-être même au-delà. Par exemple, si les fournisseurs de services logistiques européens pouvaient transférer une partie de leur pouvoir décisionnel à un système tel que « Brein », ils économiseraient du temps, de l’argent et diminueraient les émissions de CO2.
Beaucoup de secteurs gagneraient à explorer cette piste d’amélioration.

Rotterdam signe le début d’une nouvelle ère de l’optimisation et de la collaboration.

Pour plus d’information sur le projet Nextlogic >