Vers un espace aérien européen unifié ?

Les occurrences sur Google sont souvent révélatrices. Lorsque vous recherchez le mot « strike » (grève en Anglais) vous obtenez 201 millions de résultats, soit plus que pour les mots « recipe » (recette en Anglais) ou « Mandela ». Les grèves se banalisent et ponctuent notre quotidien. Elles sont toutefois extrêmement coûteuses et ce, dans tous les secteurs d’activité.

Dans le cas des aiguilleurs du ciel, Single-European-Sky-300x199une grève affecte non seulement les employeurs, mais également les compagnies aériennes, les aéroports et les passagers. Pour ces raisons, Ryanair a posé un recourt à la Commission européenne en Juin dernier. La compagnie low-cost demande à Bruxelles de statuer sur ce problème et lui propose deux alternatives :

• la suppression du droit de grève des ATC
• l’unification de l’espace aérien européen : en cas de grève des ATC d’un pays, le contrôle dudit espace aérien devrait être pris en charge par les ATC des pays voisins.

Aiguiller des avions à distance, est-ce possible ?

A priori, le contrôle aérien à distance est tout à fait possible. Avec un centre dédié et des radars, nous devrions être en mesure de contrôler l’espace aérien d’un autre pays.

Toutefois, la gestion du trafic aérien reste une entreprise complexe et la prise en charge du « ciel » d’un autre pays appelle une législation dédiée et une formation particulière des ATC. Aujourd’hui, un contrôleur belge est-il capable d’assurer le bon déroulement des opérations aériennes en France ?


Un espace Européen unique

La proposition de Ryanair n’a rien de saugrenu. Bruxelles travaille depuis des années sur une législation et un espace européen aérien communs (SES). Le but du SES est non seulement de créer un ciel unique, mais aussi une organisation et des services de navigation aérienne au niveau pan-européen. Avec pour objectifs d’accroître la coopération entre les différents pays, réduire les délais, les coûts de service et améliorer les normes de sécurité des vols, l’entreprise est ambitieuse mais pas impossible.

Comme le prouvent les recherches effectuées par Eurocontrol :

• Le ciel des Etats-Unis est d’environ 10,4 millions de km², il est géré par un seul fournisseur de services de navigation aérienne (ANSP) et 20 centres en route
• Le ciel de l’UE est d’environ 11,5 millions de km², il est géré par 37 ANSP et 63 centres en route
• Les Coûts de services de navigation aérienne aux Etats-Unis sont 34% moins élevés que dans l’UE.

La mise en place du SES requiert toutefois un changement radical en Europe : ne plus penser en termes de frontières nationales mais raisonner en blocs d’espace aérien fonctionnels (FAB).

Le contrôle de la circulation européenne

Les travaux sur le SES et les FAB ont duré plus d’une décennie. Aujourd’hui, un projet de loi pour un ciel unique est en cours de ratification et les premiers FAB ont été mis en place (UK-IRELAND FAB, FABEC, Danish-Swedish FAB…)

Mais quels sont les effets ad-hoc d’une grève, ou d’une perturbation quelconque ? Votre organisation est-elle prête à prendre en charge l’espace aérien des pays voisins et à en assumer les responsabilités ? Disposez-vous des outils de collaboration nécessaires à une telle entreprise ?